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APATHIE : Elle a sa voie cérébrale et son futur traitement

Actualité publiée il y a 1 année 1 jour 15 heures
Science
70 % des patients atteints de cancer avancé, notamment lorsqu’ils sont en fin de vie, ressentent une grande fatigue et une apathie (Visuel Adobe Stock 105129813)

Cette équipe de neuroscientifiques de la Washington University à Saint-Louis (WashU Medicine) identifie une voie cérébrale spécifique qui de l'inflammation mène à la perte de motivation, d'énergie et finalement à l’apathie. La recherche, publiée dans la revue Science, suggère que la motivation pourrait être ainsi restaurée grâce à des traitements ciblés sur cette voie spécifique.

 

70 % des patients atteints de cancer avancé, notamment lorsqu’ils sont en fin de vie, ressentent une grande fatigue, et éprouvent un manque de motivation, ces symptômes de cachexie étant considérés comme les conséquences inévitables du déclin de la santé physique et de la perte musculaire et la perte de poids importante.

 

Cette recherche remet en question cette hypothèse de longue date, en démontrant que ces changements comportementaux proviennent de neurones spécifiques du cerveau sensibles à l'inflammation.

 

Ce lien direct entre l'inflammation et la perte de motivation est identifié précisément dans la situation du cancer avancé. La voie cérébrale « part » de certains neurones qui détectent les signaux inflammatoires, bloquent cette voie particulière, ce qui induit la perte de motivation.

Un lien direct entre l'inflammation et la perte de motivation

L’étude, menée sur la souris modèle de cachexie liée au cancer, une affection typique de la maladie qui entraîne une atrophie musculaire et une perte de poids, s’est concentrée spécifiquement sur les symptômes comportementaux, qui n'avaient pas été étudiés auparavant, et les chercheurs ont cartographié les régions cérébrales impliquées. L’équipe identifie alors :

 

  • que la une structure du tronc cérébral, une zone du cerveau qui contrôle des fonctions vitales comme la respiration et le rythme cardiaque, agit comme un capteur de signaux inflammatoires dans le sang, en particulier d’une molécule appelée interleukine-6 ​​(IL-6), dont le taux est élevé en cas de cachexie cancéreuse ;
  • lorsque les niveaux d'IL-6 augmentent, les neurones de cette région du tronc cérébral transmettent un signal via une voie définie qui supprime la libération de dopamine dans une partie du cerveau appelée noyau accumbens, essentielle à la motivation et à la récompense ;
  • la baisse de dopamine qui en résulte induit une diminution drastique de la motivation ;
  • c’est donc la découverte d’une voie cérébrale jusqu'alors inconnue :
  • cette voie détecte l'inflammation ;
  • cette voie bloque activement la dopamine, un facteur clé de la motivation ;

  • elle induit ainsi l’apathie et perte de motivation ;
  • le blocage de cette voie restaure la motivation, même si le cancer et la perte de poids persistent ;
  • ainsi, le traitement avec un anticorps anti-IL-6 (similaire à un médicament existant approuvé pour la polyarthrite rhumatoïde), restaure la motivation ;
  • l'apathie pourrait donc être traitée indépendamment du cancer.

Quelles implications ? L'auteur principal, Adam Kepecs, professeur de neurosciences et de psychiatrie à l'université Washington relève : « Nous sommes ici en mesure de restaurer -chez la souris, modèle de cachexie- une motivation normale, en ciblant ce circuit cérébral, en dépit de l’inflammation persistante liée à la progression du cancer ».

 

Dans de nombreuses maladies aiguës, dont les infections, cette baisse de motivation induite par l'inflammation pourrait être adaptative, aidant l'organisme à conserver son énergie pour lutter contre la maladie. 

 

Mais dans les maladies chroniques, une apathie prolongée devient néfaste, dégradant la santé et la qualité de vie. Étant donné que l'IL-6 – la molécule inflammatoire à l'origine de cet effet – est élevée dans de nombreuses autres affections et que les régions cérébrales impliquées sont essentielles à la motivation, ce même circuit contribue probablement à l'apathie dans de nombreuses conditions.

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