CANCER de la PROSTATE : De nouveaux indices génétiques annoncent son agressivité
Cette équipe de l’University of California - Los Angeles (UCLA) identifie 223 mutations qui déterminent la manière dont les tumeurs de la prostate se développent pour devenir plus agressives et mortelles. L’identification de ces nouveaux indices génétiques qui expliquent pourquoi certains cancers de la prostate deviennent mortels, documentés dans Cancer Discovery, va permettre d’améliorer la façon dont les médecins prédisent le pronostic et décident du traitement de ces cancers agressifs.
L’étude du cancer de la prostate présente des défis uniques en raison de sa nature complexe. C’est l’un des cancers les plus courants, mais il présente relativement peu de mutations, se développe lentement sur des décennies et est difficile à détecter sur les scanners. Les méthodes actuelles d’évaluation de l’agressivité des tumeurs sont limitées et les traitements ciblent principalement la signalisation des androgènes, ce qui laisse peu d’options aux patients lorsqu’une résistance se développe. En fait, si certains cancers de la prostate sont agressifs, d’autres se développent si lentement qu’ils ne causent aucun dommage. Il reste difficile de distinguer ces types, car les différences génétiques sous-jacentes restent mal comprises.
La recherche évalue l’impact des facteurs génétiques héréditaires transmis par nos parents et des mutations somatiques acquises lors de la formation de la tumeur. Elle révèle que la variabilité germinale (héréditaire et transmissible) et la variabilité somatique (variations qui se produisent juste avant ou durant le développement de la tumeur) fonctionnent ensemble pour initier et stimuler la progression du Cancer de la prostate. Ses conclusions sont d’autant plus précieuses que de nombreux cancers de la prostate se développent très lentement et ne justifient pas de diagnostic et de traitement invasifs. Mieux prédire le pronostic est donc une faculté clé pour ce type de cancer.
L’étude menée à l'UCLA avec la collaboration de scientifiques de l'Université de Toronto et de Melbourne révèle ainsi de nouveaux indices génétiques qui peuvent permettre de prédire l’agressivité d’un cancer de la prostate. Pour mieux comprendre comment les variations génétiques du cancer de la prostate se développent au fil du temps, les chercheurs utilisent le séquençage du génome entier pour analyser les génomes complets de 666 tumeurs localisées de la prostate, couvrant toute la gamme des tumeurs, allant de cas légers à des cas très agressifs. L’évaluation de l’impact de ces facteurs génétiques héréditaires et des mutations somatiques acquises lors de la formation de la tumeur, révèle :
- un effet synergique de ces 2 types de facteurs : l’auteur principal, le Dr Paul Boutros, professeur d’urologie et de génétique humaine à la David Geffen School of Medicine de l’UCLA, ajoute : « l’interaction entre les facteurs génétiques héréditaires et le moment des mutations dans l’ADN de la tumeur est essentielle pour comprendre l’évolution du cancer de la prostate » ;
- le cancer de la prostate suit une « feuille de route » commune,
-
les différentes tumeurs se ramifiant en fonction des changements génétiques précoces (variations somatiques) et du bagage génétique du patient ;
- certaines tumeurs deviennent agressives sous l’effet de mutations spécifiques, héréditaires et/ou somatiques, d’autres tumeurs restent stables ;
- 223 régions du génome fréquemment mutées dans les tumeurs de la prostate contribuent ainsi à la croissance et à la propagation du cancer ;
- les variations génétiques héréditaires influencent le développement de la tumeur en affectant les mutations somatiques acquises au cours du développement de la tumeur ;
- certaines mutations, comme MYC, apparaissent tôt dans le développement du cancer de la prostate et sont liées à des formes plus agressives de la maladie. Si ces mutations surviennent à des stades ultérieurs, elles peuvent ne pas avoir un impact aussi important sur le pronostic.
Ainsi, les cancers de la prostate agressifs (de haut grade) et à croissance lente (de bas grade) ne sont pas des maladies distinctes
mais plutôt des stades différents le long d’une même trajectoire évolutive ;
- alors que ces 2 types commencent à partir des mêmes cellules anormales à un stade précoce et partagent de nombreuses mutations, les cancers agressifs acquièrent des mutations nocives supplémentaires, telles que BRCA2 et MYC, plus tôt dans leur développement, ce qui leur confère une évolution plus agressive.
« Jusqu’à présent, la mesure dans laquelle la variation génétique héréditaire contribue aux mutations somatiques dans le cancer de la prostate n’était pas claire. Cette étude montre que certaines variantes germinales peuvent influencer la probabilité d’acquérir des mutations somatiques motrices plus tard dans la vie ».
Ces données font donc valoir de nouveaux indices permettant de revoir l’évaluation du risque et le pronostic des cancers de la prostate : « En combinant les marqueurs génétiques héréditaires avec le séquençage des tumeurs, nous pourrions prédire avec plus de précision quels cancers sont susceptibles de devenir agressifs et découvrir aussi comment empêcher ces cancers agressifs de le devenir ».
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