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DÉMENCE : Une protection possible avec un vaccin existant ?

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 3 jours
Nature
Cette étude documente le lien entre le vaccin contre le zona et une réduction très significative du risque de démence (Visuel Adobe Stock 230079059)

Cette équipe de la Stanford Medicine documente le lien entre le vaccin contre le zona et une réduction très significative du risque de démence. L’étude, publiée dans la revue Nature, relève en effet une réduction de 30 % voire plus, de l’incidence des démences chez des participants vaccinés. Un résultat qui ne surprend pas tout à fait, alors que l'on sait que certains virus affectant le système nerveux peuvent accroître le risque de démence, dont d'Alzheimer.

 

Le zona est dû au virus varicelle-zona (VZV pour varicella-zoster virus), qui après une infection dans l’enfance, le virus peut rester dormant dans certains ganglions nerveux, puis se réactiver à l’âge adulte sous la forme d’un zona. La vaccination n’est recommandée actuellement que pour les personnes immunodéprimées et les adultes de 65 ans et plus, chez qui le virus latent peut se réactiver et provoquer un zona.

 

La démence touche plus de 55 millions de personnes dans le monde, avec environ 10 millions de nouveaux cas chaque année. La recherche s’est principalement concentrée sur l'accumulation de plaques et d'enchevêtrements de protéines toxiques dans le cerveau, cependant en l’absence de traitement réellement curatif, d'autres pistes doivent être explorées, notamment le rôle de certaines infections virales.

 

Enfin, de précédentes recherches ont suggéré le lien entre le vaccin contre le zona et des taux de démence plus faibles, mais sans s’affranchir d’un biais majeur : les personnes vaccinées ont également tendance à être plus soucieuses de leur santé, ce qui peut indirectement influencer le risque de démence.

Vaccination anti-zona et protection contre la démence

L’étude exploite un programme de vaccination mis en œuvre au Pays de Galles le 1er septembre 2013, stipulant que toute personne âgée de 79 ans à cette date était éligible au vaccin pendant un an. En analysant les dossiers médicaux de 280.000 personnes âgées de 71 à 88 ans, non atteintes de démence au début du programme de vaccination, puis vaccinées ou non-vaccinées, l’analyse constate que :

 

  • le vaccin a réduit l'incidence du zona d'environ 37 % sur cette période de 7 ans chez les personnes vaccinées, un résultat similaire à celui observé lors des essais cliniques ;
  • cette protection contre la démence s’avère beaucoup plus prononcée chez les femmes que chez les hommes-ce qui pourrait s’expliquer par des différences de réponse immunitaire : les femmes présentant en moyenne des réponses immunitaires plus élevées à la vaccination et le zona étant plus fréquent chez les femmes que chez les hommes.

 

Quel processus ? On ignore encore si le vaccin protège contre la démence en stimulant le système immunitaire dans son ensemble, en réduisant spécifiquement les réactivations du virus ou par un autre mécanisme. On ignore également si une nouvelle version du vaccin, contenant uniquement certaines protéines du virus et plus efficace pour prévenir le zona, pourrait avoir un impact similaire, voire supérieur, sur la démence.

 

Une intervention simple et disponible contre les démences ? Ces résultats remarquables étayent une théorie émergente selon laquelle les virus affectant le système nerveux peuvent augmenter le risque de démence. Ces résultats, sous réserve d’être confirmés, suggèrent une intervention préventive contre la démence « à portée de main ».

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