FAUX MÉDICAMENTS : Le test qui les débusque
Ce nouveau test, mis au point par une équipe de pharmacologues et de chimistes de l’Université de Californie (UC) – Riverside, va permettre d’éliminer une partie de la menace des faux médicaments. Cette invention peu coûteuse, documentée dans la revue Analytical Chemistry, compte les particules formées lors de la dissolution d'un comprimé dans un récipient rempli d'eau et aboutit à une « empreinte digitale de désintégration ».
Identifier les faux médicaments sera désormais plus simple. Ces chercheurs ont mis au point une méthode peu coûteuse permettant de distinguer les médicaments authentiques des contrefaçons.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que :
1 médicament sur 10, qu'il s'agisse de traitements contre le cancer ou de contraceptifs, est contrefait
ou de qualité inférieure. Bien que ce phénomène touche principalement les pays en développement, il existe également des marchés parallèles pour les médicaments amaigrissants ou anti-âge dans lrs pays plus riches.
L’un des auteurs principaux, William Grover, professeur de bio-ingénierie à l’UC précise : « Des versions diluées ou illicites de médicaments comme le Botox ou les inhibiteurs du GLP-1, très répandus, causent déjà des blessures graves, voire mortelles ».
L’étude a donc consisté à mettre au point un détecteur de faux médicaments qui pourrait être fabriqué pour moins de 30 $ voire seulement 5 $. Les plans de fabrication de cet appareil, disponibles en open source, sont inclus dans l’article.
Le dispositif repose sur un capteur infrarouge à bas coût, initialement conçu pour les jouets robots capables de suivre des lignes tracées sur du papier. Les chercheurs ont adapté ces capteurs pour mesurer la vitesse de dissolution des comprimés dans l’eau. Tous les comprimés d’un même médicament se dissolvent – ou devraient se dissoudre – à peu près à la même vitesse. Les médicaments authentiques ne se dissolvent pas nécessairement plus vite ou plus lentement que les contrefaçons. Mais comme les contrefaçons sont fabriquées par différentes organisations et avec des ingrédients différents,
leurs vitesses de dissolution forment une « empreinte digitale » qui les rend identifiables.
L’auteur ajoute : « le principe est que, s'il s'agit d'un médicament légitime, le fabricant a conçu chaque comprimé de manière suffisamment identique pour qu'ils se comportent tous sensiblement de la même façon lors de leur dissolution. Or un comprimé suspect se dissout à une vitesse différente de celle du médicament authentique ».
Ce n’est pas la première exploitation de la vitesse de dissolution pour déterminer l'authenticité d'un médicament, cependant, ici, un appareil électronique convertit la dissolution d'un comprimé en une signature numérique appelée
« empreinte digitale de désintégration ».
Une base de données de ces empreintes digitales est en cours de développement. L'équipe a déjà testé plus de 30 médicaments différents, allant des antibiotiques et des compléments vitaminiques aux opioïdes sur ordonnance et aux analgésiques en vente libre. Ces analyses constatent que
- 90 % de ces comprimés pouvaient être correctement identifiés grâce à la méthode d'empreinte digitale ;
- la technique permet même de distinguer les versions de marque de leurs génériques pour un même médicament ;
- les comprimés d'un même produit présentent généralement des empreintes digitales de désintégration similaires, quel que soit leur lieu d'achat. Cependant, certains fabricants produisent des versions légèrement différentes selon les pays ;
- le système peut également détecter des irrégularités dues à des erreurs de fabrication, qu’un médicament même authentique peut présenter.
Quelles implications ? La méthode va être utilisée pour détecter, dans un premier temps, les faux antipaludiques.
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