FIV : L’arrêt du développement embryonnaire plus souvent lié à l’âge maternel
L’arrêt du développement embryonnaire au cours de la FIV est principalement lié à l'âge maternel, et non aux anomalies chromosomiques, conclut cette équipe de spécialistes de la fertilité, de l’IVIRMA Global Research Alliance et Robert Wood Johnson Medical School et de l’Université Yale. Ces travaux, publiés dans la revue Aging-US, distinguent ainsi clairement les « responsabilités » de l'âge gestationnel et du taux d'aneuploïdie, tels 2 facteurs indépendants dans le succès de la PMA.
En effet, dans cette large étude menée sur pas moins de 25.974 embryons, le taux d'arrêt du développement est corrélé à l'âge reproductif avancé, mais pas au taux d'aneuploïdie des blastocystes de patientes présentant, au départ du traitement, un bon pronostic.
L’étude examine l'influence de l'âge et des anomalies chromosomiques sur le développement de 25.974 embryons issus de 1.928 cycles de FIV, de patientes subissant une fécondation in vitro (FIV) et présentant de bonnes chances de succès. L’analyse constate que :
- l'arrêt du développement embryonnaire est plus fréquent avec l'âge ; le pourcentage d’embryons dont le développement s’est arrêté avant le stade de blastocyste augmente avec l’âge : de 33 % chez les femmes de moins de 35 ans à 44 % chez celles de plus de 42 ans ;
- par ailleurs, cet arrêt n'est pas directement associé à la présence d'erreurs chromosomiques dans les embryons qui poursuivent leur développement ; ainsi, il existe une très faible corrélation positive entre le taux d'arrêt et le taux d'aneuploïdie.
Ces résultats sont précieux pour améliorer le conseil et les stratégies de traitement de la fertilité.
Ils apportent une distinction importante car l’arrêt du développement et l’aneuploïdie réduisent tous 2 le nombre d’embryons aptes au transfert.
Cependant, l’étude suggère qu’un embryon peut cesser de se développer même s’il possède le nombre correct de chromosomes, et certains embryons présentant des anomalies chromosomiques peuvent néanmoins atteindre le stade de blastocyste.
D’autres facteurs ? Les chercheurs évoquent en effet d'autres facteurs pouvant expliquer l'arrêt du développement de certains embryons tels que la santé des mitochondries ovocytaires ou des mutations de gènes à effet maternel. Ce sont autant de nouvelles pistes pour améliorer la qualité embryonnaire, notamment chez les femmes plus âgées ayant recours à la FIV.
En conclusion, l'étude souligne l'importance de l'âge maternel comme facteur clé du développement embryonnaire, indépendamment des résultats chromosomiques.
Elle ouvre également de nouvelles perspectives de recherche, permettant de mieux comprendre pourquoi les embryons ne parviennent pas à se développer.