Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

IMAGERIE IRM : Du gadolinium dans les tissus humains ?

Actualité publiée il y a 1 année 6 jours 21 heures
Magnetic Resonance Imaging
L'étude révèle comment des nanoparticules de métal dans les produits de contraste utilisés en injection intraveineuse dans le cadre de l’IRM, peuvent s'infiltrer dans les tissus humains (Visuel Adobe Stock 213906501)

Ces scientifiques de l'University of New Mexico (UNM) révèlent comment des nanoparticules de métal dans les produits de contraste utilisés en injection intraveineuse dans le cadre de l’IRM, peuvent s'infiltrer dans les tissus humains. Ces travaux, présentés dans la revue spécialisée Magnetic Resonance Imaging, documentent les risques pour la santé du gadolinium, un métal toxique utilisé en IRM.

 

La recherche révèle également que l'acide oxalique, une molécule présente dans de nombreux aliments, peut générer des nanoparticules de ce métal dans les tissus humains. L’équipe du Dr Brent Wagner, professeur de médecine interne à l'UNM décrypte ici la formation de ces nanoparticules, qui peuvent être associées à de graves problèmes de santé au niveau des reins et d'autres organes :

 

« La maladie la plus grave causée par les produits de contraste pour IRM est la fibrose néphrogénique systémique. Des patients ont succombé après une seule dose. Cette affection peut provoquer un épaississement et un durcissement de la peau, du cœur et des poumons, ainsi que des contractures articulaires douloureuses ».

Des particules de gadolinium détectées dans les reins et le cerveau

Les agents de contraste à base de gadolinium sont injectés avant l'IRM pour obtenir des images plus nettes. Le métal est généralement étroitement lié à d'autres molécules et est excrété par l'organisme, et la plupart des personnes ne ressentent aucun effet indésirable. Cependant, des recherches antérieures ont montré que, même chez des personnes asymptomatiques, des particules de gadolinium sont détectées dans les reins et le cerveau.

Ces particules peuvent être détectées dans le sang et l'urine des années après l'exposition.

Pourquoi des effets chez certains patients, et d’autres pas ? Les chercheurs suggèrent qu’alors que la moitié des patients n'avaient été exposés qu'une seule fois, un facteur, en particulier, amplifie le signal de la maladie.

 

Comment les particules de gadolinium se détachent-elles de l'agent de contraste ? Les chercheurs suggèrent que cette formation de nanoparticules pourrait expliquer une telle amplification de la maladie. Lorsqu'une cellule tente de gérer cette nanoparticule métallique étrangère qu'elle contient, elle envoie, chez certains patients, des signaux qui indiquent à l'organisme de réagir.

 

L’étude se concentre sur l'acide oxalique, présent dans de nombreux aliments d'origine végétale, notamment les épinards, la rhubarbe, la plupart des noix et des baies, ainsi que le chocolat. L’acide oxalique se lie aux ions métalliques. Ce processus favorise la formation de calculs rénaux, qui se forment lorsque l'oxalate se lie au calcium. Parallèlement, l'acide oxalique se forme également dans l'organisme lorsque des personnes consomment des aliments ou des compléments alimentaires contenant de la vitamine C. Des expériences in vitro montrent que :

 

  • l'acide oxalique induit la précipitation d'infimes quantités de gadolinium hors de l'agent de contraste, formant ainsi des nanoparticules qui infiltrent ensuite les cellules de divers organes ;
  • certaines personnes pourraient former ces substances, d'autres non, en fonction de leur statut métabolique : cette formation d’infimes fragments de gadolinium dépendrait ainsi d’un « état oxalique élevé » où les molécules sont plus susceptibles de se lier au gadolinium, optimisant ainsi la formation de nanoparticules. Cela pourrait en effet expliquer

pourquoi certains patients développent des symptômes aussi graves et une réponse massive voire mortelle.

Quelles implications ? Ces observations suggèrent de nouvelles options pour atténuer certains risques associés à l'IRM, dont par exemple :

  • éviter de prendre de la vitamine C avant de passer une IRM avec produit de contraste.

 

L'équipe travaille à un test pour détecter les personnes les plus exposées à ce risque lié aux produits de contraste à base de gadolinium ainsi qu’à un registre international de patients à risque. L’objectif est bien d’identifier les facteurs, les pathologies au moment de l'exposition, les médicaments et les compléments alimentaires qui pourraient favoriser ces risques.

Plus sur le Blog Diagnostic

Autres actualités sur le même thème

ABONNEMENT PREMIUM

Accédez sans limite à plus de 15 000 actualités