INCONTINENCE POST-AVC : Cibler le réseau de saillance restaure la continence
Cette équipe de neurologues, neurochirurgiens et urologues de la Keck School of Medicine de l’University of Southern California (USC) identifie les principaux réseaux cérébraux responsables de l'incontinence urinaire post-AVC. Ces travaux, publiés dans Stroke, une revue de l’American Heart Association (AHA), apportent ainsi un éclairage précieux sur les mécanismes en cause et ouvrent la voie à des traitements plus efficaces de restauration de la continence.
L'incontinence urinaire touche près de 80 % des patients immédiatement après l'AVC et persiste chez près de 40 % des survivants à un an. Cette forme d’incontinence résulte généralement de contractions vésicales incontrôlées et d'une expulsion involontaire d'urine, entraînant des symptômes invalidants tels que l'urgence (urgenturie), la fréquence et les fuites urinaires.
Bien que fréquente, l’incontinence post-AVC est souvent sous-traitée.
Cette affection est également prédictive de moins bons résultats à long terme, notamment d'une mortalité et d'une invalidité plus élevées.
La recherche identifie les connexions spécifiques endommagées et les zones cérébrales hypoactives, impliquées dans la perte de continence des patients victimes d’AVC.
La recherche révèle ces mécanismes neuronaux qui contribuent à l'incontinence urinaire, à partir des différences significatives observées dans l'activité cérébrale, lors de contractions volontaires et involontaires de la vessie.
L’auteur principal, le Dr Evgeniy Kreydin, professeur d'urologie clinique explique que « le cerveau joue un rôle crucial dans la régulation de la vessie, permettant aux personnes de ressentir la plénitude de la vessie et de retarder la miction jusqu'à ce que celle-ci soit socialement acceptable ou encore, de la déclencher à volonté ».
Les personnes victimes d’AVC souffrent également de contractions vésicales indésirables ce qui leur fait perdre toute sensation et conscience de leur vessie. En effet, l’AVC affecte le cerveau, il perturbe les voies normales qui régissent le contrôle de la vessie.
L'étude utilise une méthode innovante de remplissage et de miction répétés de la vessie alors que les participants passent une IRMf cérébrale. Cette méthodologie a permis d'observer le remplissage et la miction à plusieurs reprises. L'enregistrement simultané de la pression vésicale a permis d'identifier les vidanges vésicales volontaires et involontaires. Les chercheurs ont pu ainsi détecter pour la première fois des différences d'activité cérébrale pendant les vidanges involontaires :
- lors de la vidange volontaire de la vessie, lorsque les participants décident consciemment du moment de la miction, les participants en bonne santé comme les survivants d'AVC présentent une activation significative des régions cérébrales associées au contrôle sensorimoteur et à la prise de décision exécutive ;
- lors de la vidange involontaire ou miction involontaire chez les survivants d'’AVC, l’activation corticale est réduite au minimum suggérant une incapacité à mobiliser les réseaux cérébraux clés nécessaires au contrôle urinaire ;
- chez les personnes en bonne santé comme chez les survivants d'un AVC, le remplissage de la vessie avant la miction volontaire déclenche l'activité d'un ensemble de régions cérébrales appelées « réseau de saillance ». Ces régions cérébrales travaillent ensemble pour évaluer l'importance des stimuli internes ou externes et coordonner la réponse du cerveau à ces stimuli ;
- Cependant, lors de la miction involontaire, ce réseau reste inactif chez les survivants d'un AVC souffrant d'incontinence : ces observations suggèrent que
l'incapacité à mobiliser le réseau de saillance pourrait être un mécanisme fondamental sous-jacent à l'incontinence urinaire post-AVC.
Quelles implications ? Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles interventions visant à restaurer le contrôle de la vessie chez les patients victimes d'AVC. Parmi les approches thérapeutiques possibles :
- la stimulation cérébrale non invasive, telles que la stimulation magnétique transcrânienne (SMT) ou la stimulation par courant continu pour cibler le réseau de saillance ;
- les médicaments améliorant l'activation neuronale dans les zones critiques du contrôle de la continence ;
- l’entraînement cognitif et les thérapies par biofeedback conçus pour améliorer la conscience vésicale et le contrôle volontaire.
Une avancée significative donc dans la compréhension de l'incontinence post-AVC, mais la nécessité de poursuivre les recherches, notamment en regard de l’incidence croissante des AVC : explorer l'impact des différents types d'AVC sur le contrôle urinaire et déterminer les interventions précoces les plus efficaces à prévenir l'incontinence chronique chez les patients survivants d’un AVC.
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