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LONGÉVITÉ et FÉCONDITÉ : Plus d'enfants, moins d'espérance de vie ?

Actualité publiée il y a 3 semaines 3 jours 12 heures
Science Advances
Cette analyse apporte des preuves de la relation inverse entre la fertilité -ou le nombre d’enfants- et la longévité, du moins durant les périodes de « survie » difficiles (Visuel Fotolia 7774114)

Ces scientifiques de l’Université de Groningen (Pays-Bas), de l’Université d’Exeter (UK) et de l’Université de Turku (Finlande) s’appuient sur les données de la Grande Famine finlandaise pour apporter des preuves de la relation inverse entre la fertilité -ou le nombre d’enfants- et la longévité, du moins durant les périodes de « survie » difficiles : l’analyse, publiée dans la revue Science Advances, confirme ainsi que le comportement reproductif peut bien, dans certaines conditions, constituer un facteur déterminant du vieillissement humain. Cette même association inverse n’est pas "forcément" retrouvée dans d’autres contextes.

 

La théorie scientifique prédit qu'avoir plus d'enfants entraîne une espérance de vie plus courte, y compris chez l'Homme. Cependant, malgré plusieurs siècles de recherche, ce lien n'a pas encore été formellement établi.

 

L’étude démontre, à partir de l’analyse de ces données au cours d’une période de conditions difficiles de 250 ans, que

  • le coût biologique de la reproduction peut effectivement réduire l'espérance de vie des femmes.

Dans les années 1860, la Finlande a connu plusieurs hivers rigoureux, entraînant de mauvaises récoltes et une famine. Le chercheur Euan Young, de l'Université de Groningue, a utilisé des données biographiques issues des registres finlandais pour étudier les effets de ces conditions difficiles sur le lien entre l'effort reproductif et l'espérance de vie.

 

L’analyse qui a porté sur les données de 4.684 femmes sur une période de 250 ans, révèle que :

 

  • les femmes exposées à la famine pendant leurs années de fertilité (19-45 ans) ont vécu moins longtemps lorsqu'elles avaient eu plusieurs enfants ;
  • les mères d'un seul enfant ont atteint en moyenne l'âge de 71,6 ans, tandis qu'une mère de 15 enfants n’a atteint que 64,3 ans ;
  • ainsi, durant cette période d’étude, chaque enfant a réduit l'espérance de vie de sa mère d'environ 6 mois ;
  • les femmes non exposées à la famine, ou l'ayant vécue à une autre période de leur vie, n'ont pas connu de réduction de leur espérance de vie avec le nombre d’enfants.

Ces résultats suggèrent que, dans des conditions difficiles, l’effort reproductif a donc bien un impact certain sur la durée de vie.